18 avril 2009
Fadma n soummer (ⴼⴰⴹⵎⴰ ⵏ ⵙⵓⵎⵎⴻⵔ)
Lalla Fadma n Soummer (ⴼⴰⴹⵎⴰ ⵏ ⵙⵓⵎⵎⴻⵔ)
L’histoire de Lalla Fadhma N Soumer racontée par les femmes
Entre
l’écrit officiel et ce qui est raconté par des femmes, quelques
différences peuvent rendre une belle histoire humaine et sensible...
Témoignages de femmes récoltés par Mohand Ferratus
Lalla Fadhma N Soumer est originaire du village d’Ouerja.
Née
vers 1830, elle est, d’après la tradition orale, d’une grande beauté.
De souche maraboutique, sa liberté est restreinte. A cette époque, le
bigotisme ambiant ne favorise certainement pas les expressions de la
séduction et les enthousiasmes juvéniles.
Très tôt, on veut la
marier ... Se présentent à elle plusieurs prétendants. Elle n’en
accepte aucun. Prise pour folle ou possédée, on l’enferme dans un
réduit, certains disent, une semaine, d’autres plus !
A sa sortie du "placard", elle est métamorphosée, d’aucuns diront trauma !
En
fait, Dieu lui a révélé sa foi, son esprit est ailleurs. Sa famille ne
se rend pas compte immédiatement du changement intervenu en elle et lui
serine : "marie-toi, marie-toi !"
C’est sous la pression
familiale qu’elle épouse son cousin. Comme seule arme de défense, elle
décide de ne pas consommer le mariage. Après 30 jours, la belle-famille
et le mari, excédés, la ramène à ses parents. Le village la met en
quarantaine ainsi que sa famille.
C’est à cette époque qu’on assiste à une deuxième métamorphose perçue par certains comme une aggravation de son état.
Prise
pour folle, on la laisse tranquille. La journée, elle décide d’arpenter
la montagne et ne revient qu’au couché du soleil. Elle découvre la
"grotte du Macchabée", ainsi nommée par les Français, parce qu’on y a
découvert un squelette momifié.
Après quelques temps, elle
étonne tout le monde en annonçant sa décision de rejoindre son frère
(marabout) exerçant ses talents de cheikh au village de Soumer. Son
frère accepte sa présence et elle reste dans son ombre, tout en se
mettant à étudier le Coran et l’astrologie ...
L’ayant acceptée,
les habitants du village s’habituent à ses "excentricités", lui vouant
même un certain respect. Ils apprécient son intelligence et remarquent
le talent, équivalent à celui de son frère, en ce qui concerne les
prédictions, la résolution des litiges et la capacité d’attirer de
favorables augures.
Mais la nuit, elle rêve, elle hallucine ...
Un
jour, elle se confie à son frère et, peu de temps après, elle convoque
les villageois sur l’agora et leur annonce : "chaque nuit, je vois des
hordes farouches qui viennent nous exterminer et nous asservir. Nous
devons nous préparer à la guerre !" Prenant ses dires très au sérieux,
des émissaires parcourent alors toute la Kabylie pour mobiliser les
hommes contre l’envahisseur français qui s’annonce.
On dit que c’est un jour de 1852 que Lla Fatma N’Soumer a reçu cette révélation.
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1830
: les Français débarquent à 15 kilomètres à l’ouest d’Alger. Il leur
faudra attendre 1846 pour atteindre et conquérir Tizi Ouzou dont la
prise leur garantit l’accès à la Kabylie maritime et au massif du
Djurdjura. Les troupes françaises sont commandées par le Maréchal
Randon, futur ennemi de Lla Fatma.
La tactique française est de
livrer bataille, affaiblir les Kabyles, verrouiller les accès pour
n’occuper le terrain avec des garnisons que des mois plus tard.
Le
Maréchal Randon tente de corrompre une tribu. Il leur demande de
laisser passer ses troupes contre rétribution et promesse de non
agression. Le comité des sages lui répond : "nous restons sourds aux
paroles de trahison". Depuis, cette tribu porte le surnom de AAzzugen
ou "les sourds".
Les Français décident alors de remettre à plus tard leur attaque et pacifie la région de Tizi Ouzou.
Mais en 1854, ils reviennent à la charge ...
A
la même époque apparaît l’homme à la mule, un genre de
"moine-combattant". Sa mule annonçait l’approche de l’ennemi en tapant
furieusement des sabots. Il rencontre Lla Fatma à Azazga et on dit
qu’ils tombèrent amoureux.
Une romantique histoire aurait pu
naître, entre une Maraboute et un prédicateur si Lla Fatma avait été
divorcée ... Un nombre incalculable d’intercesseurs tentent de faire
entendre raison au mari rancunier de Lla Fatma, mais rien n’y fait !
Le
Maréchal Randon, toujours déterminé, va lancer son offensive en juin
1954. Il arrive à battre les troupes de Lla Fatma et occupe Azazga.
Elle se réfugie dans la haute montagne, avec l’homme à la mule ...
Il
s’en suit un série de batailles finalement gagnées par les Français
mais, fidèles à leur tactique, ils retirent leurs troupes : Icheridden,
Lrbaa Nath Irathen et plus tard, Fort National.
Juillet 1854,
c’est la bataille des Ait Khlef, la clé du passage vers la tribu des
"Ait-menguelet", qui ont vaillamment combattu mais se sont fait tanner
comme les autres ...
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Lla Fatma se retire
toujours plus dans la montagne (vers Iferhounen et Illilten). Elle se
retrouve, en fait, près de son village d’origine. A ses côtés, toujours
le moine. La guerre continue.
Le lieu choisi pour la prochaine rencontre avec les Français s’appelle Tachkirt et la bataille aura lieu en juillet 1854.
Cette fois, les Kabyles arrivent à contenir l’ennemi et à lui infliger ce qu’on peut appeler une défaite.
Le
Maréchal Randon se replie sur Tizi Ouzou avec ses troupes et, ce coin
de la montagne ne reverra les Francais que deux ans plus tard pour une
revanche.
Pour le Maréchal Randon, la prochaine attaque, doit
être le coup de grâce ! Et le 24 mai 1854 c’est un corps
expéditionnaire, doté en artillerie lourde et déterminé, qui s’ébranle
de Tizi Ouzou.
Le 25, la bourgade de l’Arbaa n’ Ath Irathen est
prise. Elle est renommée Fort Napoléon en l’honneur de l’Empereur puis
Fort National au moment de la Troisième République. C’est à 15
kilomètres de là, à Icherriden que se scellera l’avenir de la Kabylie :
le lieu de la bataille finale.
L’amoureux de LLa Fatma y participera puis s’exilera en en Syrie.
Le combat a lieu dans les derniers jours de mai 1857, une belle boucherie et la débâcle pour les Kabyles.
C’est
l’heure du découragement, beaucoup de paysans-soldats kabyles se
démobilisent et retournent dans leur foyer. Lla Fatma, elle aussi, voit
son ardeur vaciller. Elle trouve refuge dans un village du nom de
Takhlidjt Ath Assou où elle tente un moment de se faire oublier.
Mais
les Français ont payé des espions pour savoir où elle se trouve et la
faire, soit enlever, soit assassiner. Le Maréchal Randon sait que la
troupe de Lla Fatma est découragée, démobilisée, que la population est
fatiguée par la guerre et qu’elle souffre de faim.
Il fait une offre de reddition à Lla Fatma N’Soumer.
L’histoire, ici, emprunte deux chemins : il est vrai que le Maréchal envoie le capitaine Ferchaux, chargé d’approcher Lla Fatma.
Certains disent qu’elle s’est rendue à cet émissaire.
D’autres
qu’en s’approchant par surprise du village de Takhlijdt, où il ne reste
guère que des femmes et des enfants, le Capitaine a pu enlever Lla
Fatma et la livrer au Maréchal Randon.
Il n’en reste pas moins
que c’est en cet été 1857 que Lla Fatma se retrouve face au Maréchal
dans sa tente et qu’il s’écrie « voilà donc la Jeanne d’Arc du
Djurdjura. »
Lla Fatma est confiée à la garde d’un
Bachagha, notable allié des Français. Elle vivra dans une zaouia :
confrérie maraboutique, recluse, dans la région de Tizi Ouzou.
Elle mourra 6 ans plus tard à l’âge de 33 ans.
Les
Français exigèrent des Kabyles l’équivalent de 30 millions de franc or
de tribut de guerre. Ce qui n’est pas rien pour une population somme
toute pauvre. Les hommes furent exilés à Cayenne, Madagascar et en
Nouvelle Calédonie ou il reste encore des descendants de ces Kabyles.
Histoire écrite (traduction du texte du WAAC)
Lalla
Fatma N’SOUMER, héroïne du Djurdjura, est née dans un village proche de
Ain El Hammam en 1830, quand a commencé l’occupation française. Son
vrai nom est Fatma Sid Ahmed. Le surnom "N’Soumer" lui a été donné pour
sa piété et sa force et aussi parce qu’elle a vécu dans le village de
Soumer.
Le père de Fatma était le chef d’une école coranique qui
était liée avec la Zawyia Rahmaniya de Sidi Mohamed Ibn Abderrahmane
Abu Qabrein. Très jeune, Fatma a mémorisé le Coran, simplement en
écoutant les disciples de son père psalmodier les différentes sourates.
Elle a été décrite comme très douée et possédant une mémoire
stupéfiante.
A la mort de son père, Fatma a dirigé l’école
coranique avec son frère Si Mohand Tayeb. Elle s’occupait
principalement des enfants et des pauvres. En plus de sa piété, sa
sagesse et son intelligence remarquable, elle acquit une excellente
réputation à travers les régions de Kabylie. Fatma avait seulement 16
ans lors de l’occupation de la Kabylie par les soldats français.
La
Kabylie fut conquise, non sans violents combats, comme les autres
régions. Mais l’insurrection, menée par Fatma, reste une des plus
importante grâce à cette noble et brave combattante. Les Français l’ont
surnommée "la Jeanne d’Arc du Djurdjura", une comparaison que la pieuse
Fatma n’a pas acceptée. Armée d’une foi infaillible, elle s’est jetée
dans les batailles sanglantes pour repousser l’ennemi.
En 1854,
à Oued Sebaou, Fatma, alors âgée de 24 ans, a donné à l’armée française
une leçon de détermination et de courage, bien que celle-ci soit
largement supérieur en nombre et matériel) Pendant cette fameuse
bataille, menée par Mohamed El Amdjed Ibn Abdelmalek (surnommé
Boubaghla), qui n’avait su enlever aux troupes françaises leur
avantage, Fatma, à la tête d’une armée de femmes et d’hommes, a vaincu
et mené son peuple à la victoire, victoire louangée à travers toute la
Kabylie. Des mosquées, zawiyas et écoles coraniques s’élevait de
retentissants chants pieux en l’honneur de héroïne du Djurdjura.
Le
Général Randon, qui n’accepte pas cette défaite, demande aux habitants
d’Azazga de l’aider à trouver la cachette de Fatma N’Soumer "pour en
finir avec sa légende et ses méfaits". La réponse faite à son émissaire
fut : "Allez près de celui qui vous envoie et dites lui que nos
oreilles n’entendent pas ce langage qui nous demande de trahir". A
cette réponse, le Général Randon dit : "Puisqu’ils sont restés sourds à
nos appels, je vais leur faire entendre le son des cannons".
Fatma
N’Soumer ne se rendit pas. Et même, après la prise d’Azazga par Randon
et les féroces répressions de ses troupes, elle mobilise la population
et livre plusieurs batailles. Elle appelle le peuple à "frapper pour
l’Islam, la Patrie et la Liberté. Ce sont nos constantes et elles sont
sacrées. Elles ne peuvent être l’objet de concessions ou de
marchandages." Sa forte personnalité a eu une grande influence à
travers toute la Kabylie, montrant le chemin par le sacrifice et la
détermination de la population durant les batailles, spécialement
celles d’Icherridene et Tachkrit, où les troupes ennemies subirent de
graves défaites. Lors de la dernière victoire kabyle, le 18 juillet
1854, les pertes pour l’ennemi furent lourdes : 800 morts dont 56
officiers et 371 blessés.
Finalement, Randon demande un cesser
le feu, accepté par Fatma N’Soumer, une décision stratégique militaire
et politique. Elle planifie d’utiliser cette période de cesser le feu
pour réorganiser et renforcer ses troupes. Les champs sont labourés et
semés, des fabriques d’armes émergent à travers tout le pays. Cependant
ce cesser le feu, comme tous les précédents, n’est pas respecté par les
Français. Après trois ans, en 1857, les Français ayant aussi réorganisé
leur armée, lancent des attaques contre plusieurs grandes villes qu’ils
gagnent.
Fatma N’Soumer, après avoir appelé ses guerriers à la
liberté, appelle la population pour un ultime effort. Ce fut la façon
d’occuper trois positions stratégiquement importantes. Entourée des
femmes de la région, Lalla Fatma dirige l’attaque ? Cependant, la
bataille fut perdue ...
Cette même année, Fatma est arrêtée et
emprisonnée dans les Issers, ensuite à Tablat. Les soldats français
dépensent sa fortune, mise à la disposition de la zawiya des disciples
de son frère. Sa riche bibliothèque, contenant une mine de travaux
scientifiques et religieux, fut complètement détruite.
Lalla
Fatma N’Soumer meurt en 1863. L’épreuve de son incarcération, la
frustration de n’avoir pu mener son peuple à la victoire et les
insultes que celui-ci subit, la submerge, l’affecte et sa santé se
détériore. Elle avait seulement 33 ans ...
Source: Kabyle.com
Commentaires
mani hsur lante timgharine zunde Lalla Fatma
i3de timgharine n zik astrhm rbbi isamhah rbbi h
tmazirtnghe
merci
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