atlasDéroulement

La bataille d'Elhri commence par une attaque imprudente du colonel Laverdure, contre le campement de

La contre-attaque immédiate des tribus : Ichkirn (El Kbab), Ait Ihand de (Krouchen), Ait Soukhmane et Ait Hdidou, surprend à son tour les français. Les berbères attaquent avec fougue. Le bilan pour les français sera lourd, d'après le communiqué de Lyautey" ,ils y laissent 33 officiers morts, dont le colonel Laverdure, ainsi que 650 soldats tués et 176 blessés. Lyautey et Gay Martinet (professeur d'histoire à l'école de la marine française), déclareront qu'il s'agit des pertes les plus catastrophiques, subies par les français en Afrique du nord. Cependant, malgré cette victoire, les Zayanis n'ont pu repousser l'assaillant, déjà aux confins de leur territoire. Suite à cette défaite, les français révisent leur politique de colonisation contre les Zayanes, et profitent, en plus de l'inégalité de l'armement, de l'anarchie qui règne entre les tribus du fait des luttes intestines, pour finir de soumettre celles-ci.

La résistance Amazigh à travers la poésie

22090655635060109065222Bien que les manuels d’histoire ne donne pas une place importante à la résistance face à la colonisation au début du siècle , la tradition orale, et particulièrement la poésie, offre un témoignage sur cette lutte farouche des tribus berbères contre l'invasion des français. Les vers poétiques sélectionnés du poète Amliaz, narrent de la résistance berbère dans le Moyen et le Haut Atlas face à l’avancée des troupes françaises, à travers, les lieux cités. L’authenticité des faits exprimés et véhiculés par cette poésie de résistance est confirmée par les rapports et écrits des militaires français. Le poète cite à la fois le nom des villes, villages et bourgades soumises et le nom des officiers coloniaux qui ont participé aux différentes batailles. -Après la prise des villes côtières atlantiques, le colonisateur avance comme en témoigne ce vers qui nous renseigne sur la prise des grandes villes du Maroc central .

-A nall i FAS, ad as allegh i MEKNAS, a y AGURAY A SFRU, a TABADUT han irumin zlan agh

Pleurons Fès, Meknès, Agouray

Sefrou, Tabadout, les chrétiens nous ont ruinés.

La plaine du Saiss est ainsi « soumise » et la machine de guerre française s’attaque à la montagne. Comme en témoignent ces vers :

-Berci yserreh awal, iggufey is isdaâ KHNIFRA is al itteddu g ayt ttaât

La prise de Khénifra par Berger se confirme ,

Tant les résistants ne sont pas de vrais guerriers.

La même désolation est traduite dans ce vers qui réfère à la soumission d'Elhri(le 20 juin 1920), petite bourgade située à une dizaine de kilomètres de Khénifra.

-Uran t tzemmurin ass a gan t amm unna Yemmuten, a LEHRI tsiwel digun tawuct

Tu es, à présent, sans force et comme mort

Ô Lehri, la chouette fait entendre son cri lugubre.

La progression des troupes coloniales se fait par étapes. Après Elhri et Khénifra, le colonisateur escalade la montagne. Parti de Khénifra, il prend Alemsid

-Immut Buâzza, may ttabaâm a yimnayen S ixf ULEMSID ibbi wuzzal tassa nnes

Bouâzza est mort, cavaliers, inutile de

Charger vers Almsid, le fer a percé ses entrailles.

-Ar ittru WEGHBALA allig isru IKWSAL ar ittru BUWATTAS, a TIZI n TURIRT

Aghbal pleur et fait pleurer Ikousal

Et Bouwatta, ô Tizi n Tewrirt

-A TUNFIYT ttughen Saligan wessaght afella nnem ad d iâdel I sselk ad d iddu ghurrem

O Tounfiyt, les sénagalais s’activent,

Pour te relier au Chrétien par téléphone

-Inna m BAB n WAYYAD a tizi n taqqat Han arumy ibedda d a nebdu g imyamazn

Bab n Wayyad te dit, ô col

Le colon est là et les combats s’annoncent.

Les attaques françaises se déroulent aussi sur la frontière maroco-algérienne. C’est ce que ce vers nous révèle sur la prise du village de Boubnib au Sud Est.

-Ha BUDNIB ijjmeâd ddunit lla ttemmenzaghn inselmen d irumin afella nnun Boudnib,

centre d’intérêt du monde Théâtre

d’affrontement entre chrétiens et musulmans.

Ainsi, la poésie reste une source d’informations inestimables sur la résistance à la colonisation durant les premières décennies du XXe siècle.

La mémoire collective garde toujours vivace cette poésie. Une poésie qui assume plusieurs fonctions : témoigner pour les générations futures et exprimer la déroute d’une population qui a subi leu feu de l’artillerie et de l’aviation françaises. Texte:(Moha Moukhlis).